Deux d’entre-nous, se sont mariés à Rapadama en 2001.
Cette démarche, il faut le souligner, ne peut être que symbolique pour nous les Français, mais nos deux compères sont bien conscients de l’importance de cette journée aux yeux de tous les habitants du village.
Une demande préalable a été faite auprès des responsables de Rapadama.
C’est avec fierté que la réponse favorable est donnée. Bien sûr, tous les frais seront à la charge de nos deux amis. Le village n’a pas ménagé ses efforts d’organisation pour garantir le bon déroulement de cette journée.
Il faut avant toutes choses, que le chef coutumier, c'est à dire le plus vieil homme du village, donne son accord au futur marié pour épouser la femme qu’il désire.
C’est après quelques kilomètres en voiture, escortés par des mobylettes, que le couple, ses témoins et quelques délégués du village sont reçus dans la case de l’homme, autour de l’eau de bienvenue. Son accord donné et diverses recommandations pour que cette union soit réussie, le couple remet quelques offrandes de remerciement.
De retour au village, tout le monde est prêt pour la fête autour de l’arbre à palabres. Ici plus de trois cents personnes.
Englué dans la foule, le marié ne s’est pas rendu compte que des femmes ont « enlevé » sa compagne pour l’emmener dans une case, dans le noir, non loin de là. Elle est invitée à changer de tenue. Quand à l’homme, il doit, avec l’aide de ses amis, déposer de l’argent dans une petite panière qui circule de mains en mains. Une femme, désignée responsable, suit l’activité de la quête et lorsque la somme lui paraît raisonnable, s’en saisit et cri le « lu.lu.lu » de victoire. Le marié peut donc aller chercher son épouse dans la case, sans se tromper de personne, car il fait noir et que d’autres femmes sont présentes. (Inutile de préciser que notre invité n’a eu aucun mal.).
Des offrandes sont portées à la mariée, des applaudissements, des chants, des tam-tams, des danses les accompagnent.
Les témoins de ce mariage ont offert aux mariés des manguiers à planter dans la cour d’une maison du village. Tout un cérémonial a été fait pour cette occasion.
« Petite anecdote : les arbres sont arrivés avec un taxi brousse depuis Ouagadougou. Sur le toit de celui-ci, une chèvre y était aussi invitée. Un des manguiers est donc arrivé au village sans feuilles.»
Le moment du repas est proche, seule une vingtaine de personnes est invitée sous un haut vent en tôle, les représentants du village. Le reste de la foule se masse un peu partout devant eux.
Pendant la dégustation, des danseurs traditionnels et leurs musiciens vont et viennent aux pieds des mariés pour les féliciter.
Le repas est très important et doit durer le plus longtemps possible.
La fête se termine sous l’arbre à palabres, les mariés se joignent aux danseurs et musiciens, la foule applaudit et tape du pied.